Dès l'annonce de ce concert, j'ai
tout de suite voulu y aller, pour plusieurs raisons. Le cadre
exceptionnel et très particulier tout d'abord, et puis cela faisait
quelques années que je n'avais pas été voir jouer Jean Michel Jarre
en extérieur. Mais certains articles de presse mentionnaient dans
un premier temps que le concert ne serait accessible que pour les
Monégasques et habitants des villes limitrophes. Le site ne se
prêtant effectivement pas à d'immenses rassemblements, les
conditions pour apprécier le spectacle ne m'emballant pas, je
renonce. Mais après toutes ces aventures et tant de péripéties, il
ne pouvait pas en être autrement, je devais y aller, étant
persuader que j'allais louper un concert grandiose. Le spectacle
est finalement bien accessible à tous, il ne m'en faut pas plus
pour changer d'avis et pour réserver un billet de TGV, direction
Monaco !
Retour sur cette magnifique
aventure Monégasque...
Après plus de 6 heures de train, et
un changement à Nice, je retrouve quelques visages connus sur le
quai, Signe Zacchi, Vincent (Lechat78). Comme à chaque fois, la
pression monte d'un cran en arrivant sur les lieux. A peine sorti
de la gare, j'aperçois déjà la scène. Monstrueuse est le premier
adjectif qui me vient alors à l'esprit : elle est effectivement et
littéralement gigantesque. Pas de doute, le show de ce soir ne peut
être qu'exceptionnel avec une telle structure devant nos yeux.
Je retrouve mes amis et fans
: Joseph, JeanBat, Mickael, Alex, Mathieu, Guillaume, Nico,
Anne... des fans Espagnols, Anglais, la liste est longue mais
certains "inconditionnels" manquent tout de même à l'appel. La
première chose qui me surprend c'est la foule. Il est 15H00, un
jour de mariage Princier, un 1er Juillet, à Monaco, c'est
étrangement calme, trop calme. Difficile alors d'imaginer que le
site sera noir de monde dans quelques heures. Surprenant, car dans
mes souvenirs, pour ne citer, par exemple que le concert pour la
Tolérance de 1995, à 15h, il y a avait déjà énormément de
spectateurs...
S'ensuit une très bonne surprise
organisée par Alexis : Francis Rimbert nous rejoint !!! Allure,
tenue décontractée... Incroyable !!! Derrière nous une scène
immense qui nous regarde avec d'énormes yeux, et des millions de
gens qui vont voir le spectacle dans une poignée d'heures et
Francis est là, à nous accorder du temps, à plaisanter, à faire des
photos... C'est hallucinant cette disponibilité et cette
gentillesse, on sent un vrai plaisir partagé qui rend ce moment à
la fois simple et magique. Du coup, on en regrette les absences de
Jérôme et Claude... pour Jean Michel on peut au moins
comprendre...
La journée suit son cours, sous un
soleil de plomb, nous ne sommes pas loin de Merzouga ! D'ailleurs,
au loin on peut voir Patrick recouvrir les synthés qui doivent
prendre un sacré coup de chaud. Un disque bien mystérieux est
joué et tourne en boucle durant tout l'après-midi : sons de
cloches, des "Je t'aime" murmurés, une mélodie symphonique, une
autre proche de "la dernière Rumba"... et si ces morceaux étaient
de Jean Michel ? Toujours est-il que l'ensemble fait étrangement
penser à Sessions 2000...
Le temps passe, toujours pas de
foule, certains, comme Joseph en viennent à s'inquiéter. Il n'y
aura peut être personne finalement, on met en doute la promo de
l'événement... Discussions entre fans (des moments que j'adore), le
soleil commence à chauffer un peu moins... la luminosité devient
acceptable, on enlève les lunettes de soleil... Avec Joseph, nous
prenons la décision de nous mettre sur le côté pour rejoindre
l'entrée menant à la "fosse". C'est toujours un dilemme que de
choisir l'emplacement : au loin, on profitera à 200% du spectacle,
mais tout près, l'ambiance sera plus rock'n'roll. Cette deuxième
option sera notre choix, vivre le concert avec la scène, notamment
les échanges directs avec les musiciens sont trop tentants !
20h15, les choses se corsent. Avec
toutes ces dates de tournées en place réservées, j'avais oublié que
pour un concert gratuit, il y a un moment où il faut s'activer. Ca
pousse violemment à l'entrée gauche. Si violemment que certains
seront littéralement aplatis sur les barrières lattérales. Les
vigiles côté gauche de la fosse ont visiblement du mal à effectuer
les fouilles efficacement. En face, côté droit de la fosse, c'est
beaucoup plus fluide. Ca gueule, ça presse, le moment n'est pas des
plus agréables. Mon tour vient enfin, je presse le pas et
rejoins la scène. Alexis, posté côté droit face à Francis me
propose de le rejoindre, mais je préfère être face à Jean Michel et
profiter ainsi de toute la scène et tous les musiciens. Je me
trouve au deuxième rang, pas mal du tout, et retrouve devant moi un
fan, Philippe, que je n'avais pas vu depuis le Concert pour la
Tolérance, il me semble. Le ciel commence à s'obscurcir et la
température devient très agréable. Derniers réglages. Derrière
l'édifice, on devine une véritable fourmilière. Parmi eux, Patrick
Pelamourgues, va et vient sur le set de Jean Michel. Le "disque
mystérieux" laisse enfin sa place au traditionnel "En attendant
Cousteau", qui vient un peu tard. Le concert ne devrait pas tarder
! En quelques dizaines de minutes, le site se rempli, comme si tout
le monde avait attendu le dernier moment pour venir !
ET voilà le moment tant attendu :
un compte à rebours s'affiche sur les écrans, mais il y a
vraisemblablement des soucis de synchro, ce compte à rebours est le
plus irrégulier jamais vu ! Le "4" aura été très très long
!
Le tant attendu "Zéro" arrive enfin
! Le morceau d'introduction de la tournée démarre. Où est Jean
Michel ? Je devine au bout d'un certain moment qu'il fait la même
chose que sur la tournée : il traverse la foule !!!! Ici pas
d'allée, de passage, ça presse de toute part ! Jean Michel entouré
de vigiles est acclamé comme il se doit, et rejoint la scène. Il
enchaîne immédiatement avec une grosse surprise sur un morceau qui
n'avait pas été joué depuis 18 ans ! Incroyable retour d'un titre
qui met d'accord de nombreux fans : Chronologie 1, tant attendu, et
dans une superbe version, mais un peu écourtée. Je me trouve alors
propulsé immédiatement en 1993, à mon 1er concert. L'émotion est
tellement forte que j'en ai des frissons et des larmes aux yeux...
ça commence donc très fort en ce qui me concerne ! Ensuite, les
jeunes mariés de Monaco rejoignent la scène pour un discours. Le
prince est remercié pour avoir permis une telle soirée dans sa
Principauté. La suite du concert est calquée sur la tournée, à la
différence près que la mise en scène est adaptée à un concert en
extérieur, les écrans LED haute définition restituent des images,
animations inédites, les nombreuses lumières coiffent les 200
mètres de la scène de manière grandiose. Pas de doute, il n'y a
qu'aux concerts de Jean Michel qu'on retrouve ce gigantisme. C'est
bien simple : tout y est démesuré. J'apprécie pour la première fois
en extérieur Equinoxe 5, avec une dynamique incroyable. Le seul
bémol au niveau de la track list serait peut être le choix un peu
osé d'Oxygène 5 suivi de Variation 3. Si à Marigny et pendant les
tournées 2009/2010 le titre trouvait tout à fait sa place face aux
fans, ici dans le public je ressens une légère indifférence. Le
solo paraît incongru et ce délire à la "Jimmy Hendrix" ressenti sur
la tournée m'a semblé, ici, étrangement effacé. A cela, il faut
ajouter quelques soucis d'accordage de l'ARP (Jean Michel s'en tire
au bout d'un long moment). Puisque j'aborde les moments "délicats",
il faut y ajouter que la harpe laser à été plus que
capricieuse. Quelques fausses notes sur Rendez-Vous 3, mais c'est
surtout sur Rendez-Vous 2 que ça s'est compliqué. La rythmique
démarre, Jean Michel frappe les lasers et... rien !!! Le Synthex
semble sortir les notes aléatoirement. Totalement décalé, Jean
Michel ne se décourage pas, et affronte le problème technique à
"bras-le-corps", impassible, il jaillit sur un synthé
(vraisemblablement le Synthex, mais je n'ai pas bien vu). Pas de
doute, on revit le gros couac de Bruxelles en 2009... Au fur et à
mesure, cependant, Jean Michel reprend la chose en main et tout
rentre dans l'ordre, quoiqu' un peu tard... La suite du concert est
assez énorme. Révolution Industrielle 2 laisse sa place à la partie
3, et donne un ton plus dramatique. Jean Michel joue en hauteur, au
milieu de l'une des structures. L'instant est magique, le solo de
Jean Michel excellent, ponctué par le feux d'artifices qui
illuminent le ciel.
Chronologie 2 ou mon moment
d'euphorie, j'essaye de suivre la cadence difficilement, plus les
années passent, plus c'est dur !!! Jean Michel, lui, de son côté
n'arrête pas : il est dans une forme incroyable. C'est à se
demander si il est humain !!!! Comme si ça ne suffisait pas, le
retour tant attendu des fans, LE morceau qui manquait tellement à
la tournée, Chronologie 4 est enfin rejoué, la dernière prestation
remontant, il me semble à 1997, pour le concert de Moscou. Non
seulement c'est un retour gagnant (c'est un des grands classiques)
mais en plus, le nouvel arrangement est incroyablement efficace. La
seule ombre à ce tableau, l'absence de Patrick Rondat sur le solo
final pèse lourd... quel dommage ! La Marche Nuptiale est jouée, un
inédit pour Jean Michel et une belle surprise pour les mariés !
Autre surprise de taille : pour la première fois, un morceau issu
de l'album tant décrié "Téo & Téa" fait surface. Vintage est
ENFIN joué en live (si on exclu le show case à Anvers en 2007). Le
constat est simple et je me retourne par curiosité pour voir la
réaction du public : adhésion totale, ça bouge ! C'est assurément
un morceau que tout le monde retient, énergique, au même titre que
Rendez-Vous 4 a pu l'être en son temps, en 1986. Avis personnel,
j'ai toujours été persuadé que ce morceau avait sa place au milieu
des classiques du répertoire et qu'en concert, il serait très
efficace. Jean Michel s'est enfin permis de jouer ce morceau et
de le dédier à la Princesse. L'accueil est tellement positif
qu'il sera joué en rappel. Je me dit alors que même "Téo &Téa"
aurait pu avoir sa place dans ce concert. En guise de bouquet
final, l'immanquable et traditionnel "Rendez-Vous 4" est
joué, le feu d'artifice rempli complètement le ciel
Monégasque. On y voit comme en plein jour, les puissantes
détonations arrivent même à couvrir le son ! Le moment est
impressionnant ! Avant le rappel, Calypso 3 clôt de manière sublime
le concert. Comme pour la tournée, Jean Michel invite le public à
allumer téléphone portable et "tout ce qui peut faire de la
lumière". Et voilà, après une ovation méritée, Jean Michel et
ses musiciens saluent un public qui semble satisfait et
enthousiaste.
"En attendant Cousteau" réapparaît,
il est temps de revenir sur terre en douceur, pour se rendre compte
que parfois, 2 heures ça peut passer drôlement vite...
Anecdotes :
- Un OVNI a pu être aperçu par plus
de 85.000 personnes à la fois ! Il s'agissait en fait de "Bruno",
un drône sur lequel était placé pour la première fois une caméra
HD, très stable mais aussi très bruyante, le public s'en amuse et
Jean Michel en fait une présentation assez comique !
- Pendant Oxygène 2, soit dès le
début du concert, une femme à ma gauche me demande d'arrêter de
danser car ça la gêne... Elle ne s'est peut être pas rendu compte
que les 1er rangs en concerts sont fait pour bouger. Bien sûr... On
aura tout vu... Après tant d'années de frustration avec ces places
assises pendant la tournée, je lui ai suggéré de rejoindre le fond,
ici c'est Rock'n'roll ! (Ne la voyant toujours pas bouger, j'avoue
durant le concert avoir exagéré en la bousculant énergiquement à
maintes reprises, mais elle n'a pas renoncée... elle devait
aimer...)
- Pas de chambre d'hôtel prévu ni
de plan B après le concert (malgré la gentillesse de Joseph), j'ai
passé la nuit sur un banc accompagné de Vincent (LeChat78, si tu me
lis...). En gros, les mêmes péripéties qu'à Versailles...
Décidément, beaucoup de liens entre ce concert et Europe en
Concert, le froid en moins (Cf anecdotes Concerts de Versailles
Feedback plus loin...)
- Les sets de synthés ont été
démontés en un temps records, mais il faudra 8 jours pour
démanteler l'imposante structure de la scène !
- Merci à Joseph pour ce fabuleux
Panini congelé !!!
- Merci à Anne et Joseph de m'avoir
sauvé des coups de soleil : je pense à amener un parapluie (à
Monaco...) mais je réussi à oublier ma crème solaire....
- Peu avant l'ouverture des
barrières pour accéder au devant de la scène, une grosse bousculade
se produit. On entend une petite voix, "pardon, pardon..." je
reçois alors un bouquet de fleurs en pleine figure, mais il est
destiné à Francis, c'est sa fille, Aurore qui le lui a apporté.
Elle est alors applaudit au moment où elle réussi à rejoindre son
père...
- Sur les coups des 16h, un énorme
nuage menaçant arrive de la mer, mais contourne finalement Monaco !
On aurait cependant pu craindre le pire : 2 jours plus tôt, une
pluie torrentielle avec de la grêle s'est abattue sur la
Principauté, laissant un moment craindre le pire quant à
l'imposante structure et tout le matériel (installés sur une barge
flottante). Tout va bien, finalement.
- A ma droite, un petit clan de
fous furieux dans lequel j'ai failli atterrir n'en n'avait que pour
Francis Rimbert : chorégraphie dédiée, lumières phosphorescentes,
on pourrait croire que tout était fait pour "déconcentrer" notre
cher Francis, dont le nom a été scandé plusieurs fois pendant le
show ! Superbe et mérité ! Franciiiiiiiis !!!! les accompagnant à
distance par moment, il ne fallait tout de même pas oublier LA star
du soir en hurlant son nom, ce qui m'a valu un mal de gorge assez
violent !
Mes + :
- Le retour marquant de certains
morceaux (Chronologie 1, 4, Vintage), dans des versions
sublimes.
- L'ambiance sur scène, le public
joyeux, le site et un show très impressionant, typiquement
Jarrien, retour sur la folie des années 80/90 !
- Un concert qui se situe
qualitativement entre "Europe en Concert" et celui de Merzouga,
féerique et magistral, tout simplement.
Mes - :
- Tout en étant bien équilibré, le
son aurait mérité d'être un peu plus relevé. J'entends encore des
fans derrière moi crier : "plus foooort !"
- Pas de merchandising, dommage
!
- Avec un espace aussi large, il
est regrettable qu'un orchestre symphonique ne soit pas intervenu,
que des choeurs manquent à l'appel, notamment sur Chronologie 1 ou
encore Rendez-Vous 2. Enfin les solos de Patrick Rondat manquaient
cruellement, Chronologie 4 n'a fait qu'amplifier son absence, tout
comme Chronologie 2 pour ne citer que ceux-là... Sur Révolution,
Jean Michel sur la structure en hauteur à gauche, Patrick Rondat
sur la structure en hauteur à droite qui se répondent... le
résultat aurait été énorme !
Photos

A quelques
heures du concert, Francis n'hésite pas à venir passer un petit
moment bien agréable avec les fans... Au fond, une partie de
l'immense structure semble nous observer avec ses grands
yeux... Un
instant magique !

Un menaçant
nuage se montre au loin dans l'après midi, un instant d'inquiétude
qui rappelle que 48 heures plus tôt, il y eu un très gros orage
accompagné de grêle et qui aurait pu avoir des conséquences
dramatiques sur l'infrastructure...

Un
countdown assez particulier et très irrégulier qui restera bloqué
un long moment sur le chiffre "4"... Quelle coïncidence... L'un des
meilleurs moments : quelques secondes AVANT que tout ne commence
!

Tout juste
après le premier morceau, le couple Princier fait un discours sur
scène. Le Prince est remercié pour avoir permis un tel show à
Monaco !

Jean Michel
est en très grande forme, il a conservé tout son dynamisme de la
tournée <2010>, un bonheur à le regarder jouer... Ici, le
solo "osé" et délirant d'Oxygène 5

Seule la
très capricieuse harpe laser ne semblait pas vouloir faire partie
de la fête... Jean Michel a fini par avoir le dessus... Les
conditions extérieures perturbent les rayons. Reste la magie
de l'instant. L'ensemble est tellement fabuleux qu'il est
impossible d'en tenir rigueur !

Ecrans LED,
drone, projecteurs, lasers, feux d'artifice le tout sur une musique
pleine de génie... Rares sont les concerts a atteindre une telle
démesure !

Un concert
que tous les Monégasques (et les autres !) ne sont pas près
d'oublier. Merci à toi, Jean Michel et à toute ton équipe
!
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